Marguerite Yourcenar, l’académicienne globe-trotter

Marguerite Yourcenar, auteur de plusieurs romans et nouvelles, fut la première femme élue à l’Académie Française en 1980. « Immortelle » atypique, cette femme entrée en littérature par la porte de la poésie était une globe-trotteuse anticonformiste, curieuse de ses contemporains.

Marguerite Yourcenar de son vrai nom Marguerite Antoinette Jeanne Marie Ghislaine Cleenewerck de Crayencour est née le 8 juin 1903 à Bruxelles d’une mère belge (Fernande de Cartier de Marchienne) et d’un père français. Orpheline de mère à la naissance, elle a été élevée par sa grand-mère paternelle et son père au château familial du Mont-Noir près de Bailleul (Nord).

Une enfance protégée

Malgré le décès de sa mère à sa naissance, la petite Marguerite évolue dans une sphère protégée. Si sa grand-mère n’est pas si aimante qu’elle l’aurait souhaité, son père, curieux, anticonformiste et grand voyageur compense la rigueur de la maison. Elle effectuera toute sa scolarité à la maison avec des professeurs privés et passe brillamment son baccalauréat à Nice. Très attirée par les lettres, elle rédige des poèmes pour occuper ses loisirs. Toute sa jeunesse se passe ainsi entre Lille, la propriété familiale du Mont-Noir et de nombreux voyages entrepris aux côtés de son père. Elle est ainsi à Londres pendant la première Guerre Mondiale, puis dans le Sud de la France, la Suisse, l’Italie… En 1929, elle publie son premier roman à compte d’auteur sous le titre de Alexis ou Le traité du vain combat. Ce roman, inspiré d’André Gide révèle un style parfaitement maîtrisé sur un sujet d’avant-garde qui porte toutefois à controverse puisqu’il s’agit de l’aveu de son homosexualité d’un musicien talentueux à sa femme ! La même année, son père décède. Riche héritière, elle vit alors une vie de bohème comme l’affectionnait son père entre Paris, la Suisse, la Grèce, Bruxelles, Istambul. Ses voyages et son amour impossible avec un écrivain homosexuel forgent le caractère déjà bien trempé de la jeune fille attirée, il faut le préciser par les femmes.

Des romans humanistes et autobiographiques

En 1939, la fortune de son père a fondu comme neige au soleil et Marguerite Yourcenar se voit contrainte devant la montée des hostilités en Europe de quitter son nid pour s’envoler aux Etats-Unis. Elle y rejoint Grace Frick, son amie depuis 1937 et s’installe à partir de 1950 sur l’île des Monts-Déserts dans le Maine où elle est d’ailleurs décédée. Les deux femmes nomment leur maison Petite-Plaisance. Marguerite Yourcenar devenue citoyenne américaine en 1947 enseigne alors la littérature française jusqu’en 1953. Entre temps, son roman Mémoires d’Hadrien sorti en 1951 lui apporte le succès mondial. En 1970, elle est élue à l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique. Dix ans plus tard, en 1980, elle est la première femme élue à l’Académie française avec le soutien inconditionnel de Jean d’Ormesson. Ses ouvrages qu’ils soient des romans, des autobiographies ou des nouvelles sont toujours restés à contre-courant des modes de l’époque. Insoumise jusqu’au plus profond de son art, Marguerite Yourcenar a choisi de rester en marge sur l’ensemble de son oeuvre. Elle s’est éteinte le 18 décembre 1987 aux États-Unis. Elle est enterrée à Somesville dans le Maine.

Le saviez-vous ?

Yourcenar, le nom de plume de l’auteur est en fait l’anagramme de son nom de famille : Crayencour.

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