L’épopée de Gilgamesh, la plus vieille oeuvre littéraire connue

L'épopée de Gilgamesh, la plus vieille oeuvre littéraire connue

L'épopée de Gilgamesh, la plus vieille oeuvre littéraire connue

Autour de 2650 avant J.-C., Gilgamesh est roi d’Uruk, une ville du sud de l\’Irak dénommée aujourd\’hui Warak (cité en plein désert à mi-chemin entre Bagdad et Bassorah). Au XIXe siècle, plusieurs tablettes racontant la légende du roi d’Uruk sont retrouvées, parfois abîmées, toujours incomplètes. La version ancienne (babylonienne) et surtout la version ninivite (trouvée à Ninive), en écriture cunéiforme, permettent tout de même de reconstituer l’essentiel de l\’épopée de Gilgamesh.

La civilisation mésopotamienne

Environ 4000 avant J.-C., la civilisation mésopotamienne se développe à partir des Sumériens et des Sémites akkadiens, peuples du Moyen-Orient établis sur les territoires de l\’actuel Irak et du nord de la Syrie. Quelques 500 ans plus tard, l’écriture fait son apparition dans cette région.

En 2330 avant J.-C. sont mises par écrit des légendes Sumériennes qui mettent en scène les exploits de l\’un des anciens roi d\’Uruk, Gilgamesh.

L\’épopée de Gilgamesh : amitié, amour et désespoir

L’épopée de Gilgamesh relate l’histoire d’une grande amitié entre Enkidu, natif du désert qui ne sait rien de la civilisation, et Gilgamesh, arrogant roi d’Uruk. Ce dernier, qui se veut l’égal des dieux, perd son ami le plus cher, Enkidu, devenu malade au contact de la civilisation. Inconsolable et révolté, Gilgamesh décide de se rendre au pays des morts pour découvrir le secret de l’immortalité et peut-être aussi l’origine de l’humanité. La célèbre scène du déluge, connue essentiellement par la description qui en est faite dans la Bible, est décrite au cours de ce voyage. L\’épopée de Gilgamesh a ainsi inspiré de nombreux autres textes.

La version Ninivite est composée de 12 tablettes dont voici le synopsis :

I : Présentation des deux héros : Gilgamesh et Enkidu (son futur serviteur)

II : La rencontre – L’amitié- Le projet d’aventure. Gilgamesh envoie une courtisane séduire Enkidu dans le désert afin d’amener cet homme réputé très fort à Uruk. Les deux hommes se lient d’amitié et projettent une expédition héroïque dans la forêt de cèdres.

 

III : Préparatifs et départ.

IV : Le voyage (rempli de songes prémonitoires).

V : Prouesses et victoire : Gilgamesh abat Humbaba, gardien de la forêt, ancêtre possible de la tête classique de la méduse. Les deux hommes coupent des cèdres et reviennent à Uruk.

VI : Nouveau triomphe et démesure : les héros rentrent en ville. Istar tombe amoureuse de Gilgamesh qui la repousse. La déesse en fureur envoie le taureau céleste détruire la ville. Gilgamesh tue le taureau céleste.

VII : Mort d’Enkidu (de maladie)

VII : Funérailles d’Enkidu.

IX : Gilgamesh à la poursuite de la vie sans fin : désespéré et fuyant la mort, le héros erre dans le désert. Il décide d’aller trouver le héros du déluge devenu immortel pour en connaître le secret.

X : L’arrivée au but (après une route semée d’embûches). Il rencontre Uta-Napisti devenu immortel après le déluge.

XI : L’échec et le retour à la vie ordinaire : récit du déluge par Uta-napisti. Un test révèle que Gilgamesh ne peut pas devenir immortel. Celui-ci rentre à Uruk.

XII : Autre version de la mort d’Enkidu. (Descendu en enfer, on ne le laisse pas remonter).

Le plus ancien des grands textes fondateurs

Plus ancienne que L\’Iliade et L\’Odyssée d\’Homère (épopées de la Grèce antique écrites vers l\’an 850 avant J.-C.) ou que le Mahâbhârata (épopée sanskrite de la mythologie Hindoue écrite vers l\’an 400 avant J.-C.), l\’épopée de Gilgamesh est considérée comme l\’un des textes fondateurs de la civilisation au sens large. Cultures et religions orientales, asiatiques comme occidentales y trouvent leurs racines.

En voici les premières lignes :

 » Je vais présenter au monde / Celui qui a tout vu,

Connu la terre entière / Pénétré toutes choses,

Et partout exploré / Tout ce qui est caché !

Il a tout embrassé du regard : Il a contemplé les secrets,

Découvert les mystères

Il nous en a même appris / Sur avant le Déluge !

De retour de son lointain voyage / Exténué, mais apaisé,

Il a gravé sur une stèle / Tous ses labeurs !  »

Source :

L\’épopée de Gilgamesh, traduit de l\’Akkadien et du Sumérien par J. Bottero, Paris, 1992 (290 pages)

Comments are closed, but trackbacks and pingbacks are open.