Le tricot a la cote

Le tricot a la cote

Détente, gestion du temps, convivialité et anticonformisme, les nouvelles valeurs des jeunes tricoteuses d’aujourd’hui.

Un Français sur deux tricote, et la tendance est encore plus marquée chez les femmes de 25 à 35 ans. Alors, qu’est-ce qui peut attirer ces jeunes femmes à sortir leurs aiguilles de leur sac à main dès que l’occasion le permet ?

Relayée par certaines stars américaines (Julia Roberts, Sarah Jessica Parker, Liv Tyler, Madonna), la pratique du tricot a aussi fait son apparition dans les coulisses des podiums des défilés de mode, où nombre de mannequins jouent des aiguilles pendant leurs pauses…

Finie l’image de la grand-mère qui tricotait au coin du feu les longues soirées d’hiver !

Tricoter, c’est zen et sensuel

Tricoter, ça détend. L’esprit est déconnecté de l’environnement stressant : il faut compter ses mailles, penser à l’endroit et à l’envers, procéder aux diminutions ou aux augmentations, changer de fil, effectuer un jeté, etc. On prend son temps.

Tricoter, c’est un loisir, un moment agréable : l’offre de plus en plus qualitative des fabricants apporte une sensorialité nouvelle au travail de la laine. Les matières sont mélangées, les fils glissent sur des aiguilles adaptées et légères. Les teintes subtiles et variées sont une invitation à la création artistique. Les kits facilitent la vie, on n’a plus à calculer le nombre de pelotes nécessaire pour son modèle.

Prendre son temps sans le perdre

Le plaisir de la détente s’associe aussi au fait que le temps utilisé à tricoter n’est pas perdu : un rang, deux rangs, dix rangs et l’on voit rapidement le résultat du travail, l’utilité de la chose. Les temps morts de la vie peuvent être « rentabilisés » : attente dans un cabinet médical ou une administration, utilisation du temps passé inutilement dans les transports en commun.

Mais on peut aussi tout en tricotant parler avec des amis, regarder la télévision, écouter de la musique, surveiller ses enfants au parc. Certaines qui travaillent au crochet et au doigt, tricotent même tout en faisant du lèche-vitrine !

Cafés tricot et tricot-thés

Selon le modèle des « knit coffees », apparus en 2004 aux États-Unis, cafés tricot et tricot-thés fleurissent en France. Les inconditionnelles de la maille se réunissent dans une brasserie ou un salon de thé avec leur matériel, et tricotent autour d’un verre. Le concept s’étend même dans certaines grandes librairies de la capitale.

C’est un moment d’échange et de convivialité, qui ouvre aussi à la transmission des savoirs : on se donne des trucs, on s’échange des ficelles, forme d’initiation autrefois faite au sein de la famille. Les clubs de tricoteuses, sites et blogs divers qui prolifèrent sur la toile répondent à ce même besoin de communiquer autour de sa passion.

Anticonformisme

Le tricoté main s’oppose au prêt-à-porter, au standardisé. Tricoter, c’est créer un vêtement, un accessoire, voire un objet de déco unique. Aucune boutique ne proposera le même produit. La valeur attribuée à l’objet tricoté va bien au-delà de son coût : il est fait à la main et par soi-même. Il est une projection de sa propre personnalité au travers de sa garde robe ou de son intérieur, une manière de s’affirmer tel qu’on est, et de se distinguer des autres.

Et lorsque l’on décide d’offrir un cadeau tricoté, on donne plus que l’objet lui-même : on y a mis du temps, de soi et surtout de l’amour.

Ce n’est pas un hasard si beaucoup découvrent les joies du tricot dans l’attente d’une naissance…

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